Communiqué de presse de Jean-Marc AYRAULT, Président du groupe socialiste de l'Assemblée Nationale et de
Bernard CAZENEUVE, député-maire de Cherbourg :
La séparation des pouvoirs interdit au
Président de la République de se prononcer sur une instruction en cours. Mais plus encore, l'article 64 de la Constitution dispose que le Président de la République est garant de l'indépendance
de l'autorité judiciaire. Ce principe républicain constitue la pierre
angulaire du fonctionnement régulier de nos institutions.
À plusieurs reprises au cours des derniers mois, Nicolas Sarkozy a enfreint ce
principe. En indiquant que la piste politico-financière étudiée par le juge Marc Trevidic constituait « une fable », il a une première
fois, le 28 juin 2009, envoyé aux familles le signal qu'elles ne pouvaient en rien compter sur lui, pour assurer la poursuite sans entrave des instructions en cours, conduites par des juges
indépendants.
À l'occasion de son intervention du 27 octobre, il a récidivé en affirmant qu'
« il ne sortirait rien » de la mise en examen de Nicolas BAZIRE, dans le cadre de l'enquête conduite par les juges Van Ruymbeck et Le
Loir, relative au volet financier de l'affaire.
Enfin, il est choquant que le Président de la République, puisse, dans un amalgame douteux,
qualifier de « magouilles » à la fois le travail des juges et les appels à la transparence des parlementaires de l'opposition.
Au moment où de nouveaux élements viennent témoigner de la légitimité des interrogations depuis
longtemps formulées par les familles des victimes au sujet des conditions de financement de la campagne d'Edouard Balladur, où une certaine fébrilité semble s'emparer des amis du pouvoir, la mise
en cause des juges et de l'opposition par la plus haute autorité de l'Etat, constitue un nouvel abaissement de sa fonction.
Le Président du groupe
socialiste Jean-Marc Ayrault et Bernard CAZENEUVE, député de la Manche, tiennent à rappeler que l'agenda des juges est indépendant du calendrier politique et que les socialistes ont toujours
respecté sur ce dossier comme sur les autres, les principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et de la présomption d'innocence. Ils regrettent une fois de plus que le Président de la
République se montre incapable d'en assurer le respect.
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