Partager l'article ! Schéma départemental de coopération intercommunale, la proposition ci-dessous de Bernard Cazeneuve est adoptée à l'unanimité en conseil de Commu ...
Par courrier en date du 2 mai, Monsieur le Préfet a notifié aux communes,
communautés et syndicats le projet de schéma départemental de coopération intercommunale élaboré par les services de l’Etat et qui a été présenté à la commission départementale le 29 avril.
L’article 35 de la loi du 16 décembre 2010 indique que ce projet est transmis pour avis aux conseils municipaux, aux organes délibérants des EPCI et syndicats mixtes concernés par les
propositions de modification de la situation existante en matière de coopération intercommunale.
On assiste ainsi aujourd’hui à la mise en œuvre, avec un calendrier très tendu, de
la loi du 16 décembre 2010. Comme la plupart des élus, nous avons collectivement confiance dans la décentralisation qui a créé, au cours des dernières années, les conditions d’une nouvelle
gouvernance locale. Cette décentralisation il nous appartient de la construire autour de quelques grands principes qui répondent à des préoccupations d’intérêt général.
La Communauté urbaine n’a pas souhaité s’exprimer avant de connaître le projet
proposé par le préfet car la procédure devait être conduite dans le respect de la loi sans que personne ne prétende imposer ses orientations. Désormais chaque institution locale est saisie pour
avis et doit se prononcer dans un délai de trois mois, l’absence de délibération correspondant à un accord tacite. Ce débat est à conduire par les élus qui doivent proposer une démarche
ambitieuse pour maîtriser et préparer l’avenir de leurs territoires, de leurs populations.
Face aux défis qui se présentent à nous, de notre expérience acquise à travers les
travaux que nous avons déjà menés dans différentes assemblées nous n’avons pas le droit de laisser les peurs et les conservatismes triompher de l’opportunité que constitue la modernisation de nos
territoires. Deux objectifs de la loi méritent ici d’être cités. Tout d’abord, le schéma doit contribuer à améliorer la cohérence spatiale des institutions en considérant l’intérêt que représente
une bonne articulation entre les atouts du monde rural et ceux du monde urbain au terme de l’élaboration du schéma de cohérence territoriale.
Le schéma directeur, qui avait été élaboré avant le SCOT actuel, portait sur
un territoire qui allait de la communauté de Saint Pierre Eglise en passant par celle de La Saire, Douve Divette, La Hague jusqu’à la communauté des Pieux. C’est autour de ce
périmètre déjà identifié, pertinent d’une communauté d’intérêts économiques et sociaux, que pourrait se construire une nouvelle carte de la décentralisation, une collectivité d’hommes et de
femmes forte de près de 130 000 habitants. Bien entendu, rien ne s’oppose, a priori, à un périmètre plus large, sous réserve que par le dialogue, la solution la meilleure soit
privilégiée.
L’autre objectif majeur du texte de loi est de conforter ces nouveaux
espaces pour que s’opèrent, mécaniquement, cette solidarité financière, cette péréquation indispensable des richesses créées par tous les acteurs économiques qui vivent et se déplacent sur
le périmètre. C’est le sens d’une redistribution solidaire qui favorise les équilibres locaux et crée une nouvelle dynamique économique, culturelle et sociale.
Des questions majeures restent posées comme le fonctionnement démocratique de
cette structure, la proximité avec l’usager. Les réponses dépendront étroitement du mode de gouvernance qu’il appartient aux élus de définir, d’enrichir. Face à un grand projet chacun doit
pouvoir évoluer sur la question des compétences sachant que les plus stratégiques concerneront demain le développement économique, l’aménagement de l’espace, la protection de l’environnement et
les grands services publics. La nouvelle dimension à donner à ces services, pour mieux répondre aux besoins exprimés et émergents doit puiser sa légitimité dans une démarche de
modernisation, d’excellence et d’efficience. Quant aux enjeux financiers, budgétaires et fiscaux ils sont étroitement liés aux décisions qui seront prises en amont, notamment sur la
définition des compétences, autour d’un nouveau pacte territorial et nécessitent une étude approfondie.
Au-delà de la modification du périmètre des EPCI à fiscalité propre, les syndicats
sont également concernés par la loi du 16 décembre 2010. Dans ce cadre, en matière d’électricité la volonté est de poursuivre la rationalisation en réfléchissant au transfert à la Communauté
urbaine de la compétence d’autorité organisatrice de la distribution publique d’électricité et de gaz.
En ce qui concerne l’eau et l’assainissement la Communauté urbaine est compétente
depuis 1971 et gère l’ensemble du petit cycle de l’eau en régie directe. Elle a assuré la modernisation de ses équipements, usine d’eau, stations d'épuration, renouvellement de réseaux. Pour
répondre à cette exigence de développement durable et de qualité du service public les usagers ont participé financièrement à l’obligation d’équilibre des budgets résultant de ces réalisations.
Forte de ce modèle économique la Communauté urbaine est favorable à un échange d’expériences et à une collaboration soutenue avec les EPCI du Cotentin compétents dans ce domaine et les syndicats
reconstitués sur de nouvelles bases. Ainsi sera facilitée l’émergence d’une gestion dynamique adossée à un nombre d’usagers compatible avec l’évolution d’un service public
moderne.
Quant au SCOT la Communauté urbaine considère que l’ensemble du Cotentin doit être
couvert par ce syndicat dont les travaux sont essentiels au développement équilibré du territoire.
Au moment où les collectivités s’expriment collectivement sur le schéma proposé
par le Préfet, nous devons, dans la concertation, dans une relation équilibrée, dans l’intérêt du Cotentin, porter ensemble une ambition de modernisation du territoire qui nous place en situation
d’être forts et unis pour relever les défis du développement économique, de l’emploi, du renforcement de notre attractivité. Face à d’autres territoires qui s’organisent et se rassemblent, ne
rien bouger reviendrait à nous affaiblir.
Bernard Cazeneuve